Créatures fantastiques : les Patronus
Article de Mawoussi, gagnante du concours Patronus, aidée de Sev, décembre 2004 .
C'est Remus Lupin, professeur de Défense contre les Forces du Mal à Poudlard, mais aussi un des meilleurs amis de James Potter, qui nous parle pour la première fois des Patronus dans le tome 3.
Les Patronus deviendront vite un élément important de la saga pottérienne, car ils ont un lien étroit avec les Détraqueurs, créatures hideuses et répugnantes qui gardent la prison d'Azkaban. Après la cuisante défaite de Gryffondor contre Poufsouffle causée par l'arrivée soudaine de Détraqueurs sur le terrain - Harry, hanté par les voix de ses parents, perd le contrôle de son balai et fait une chute spectaculaire -, Lupin consent, non sans réticences, à l'aider à lutter contre les Détraqueurs.
- Le patronus : définition
- Harry et le dilemne du patronus
- James, présent dans le patronus de Harry
- Le patronus, magie pour sauver de la mort
Le patronus : définition
La définition du Patronus nous est donnée par Lupin : "Si le sortilège se déroule normalement, vous verrez apparaître un Patronus, c'est-à-dire une sorte d'anti-détraqueur, un protecteur qui jouera le rôle de bouclier entre vous et le Détraqueur. [...] Le Patronus représente une force positive, une projection de tout ce qui sert de nourriture au Détraqueur: l'espoir, le bonheur, le désir de vivre, mais, à l'inverse des humains, le Patronus ne peut pas ressentir de désespoir et le Détraqueur ne peut donc pas lui faire de mal" (Lupin, T3poche, p.256).
Le Patronus change de forme en fonction des sorciers qui cherchent à le faire apparaître. Le sortilège peut nous paraître simple, à première vue, mais Harry devra faire preuve de beaucoup de volonté pour pouvoir le réaliser, étant donné qu'il dépasse le niveau de la sorcellerie de Premier Cycle. Harry se met pourtant courageusement à l'ouvrage, mais rien n'est encore gagné !
Harry et le dilemne du patronus
Volonté de réussir : les premiers essais pour faire apparaître un Patronus se révèlent très éprouvants pour notre jeune sorcier : Harry doit se concentrer sur un événement très heureux de sa vie, avant de prononcer l'incantation "Spero Patronum". Mais les Détraqueurs, symbole de la dépression ( I think they are a description of depression. "Yes. That is exactly what they are" répond JKR à la journaliste du Times, 30 juin 2000) ont la faculté de rappeler à leurs victimes les moments les plus douloureux de leur existence et Harry s'évanouit à de nombreuses reprises en entendant les voix de ses parents qui suppliaient Voldemort de ne pas le tuer. Harry ne perd toutefois pas espoir et, obsédé par le souvenir du dernier match de Quidditch, il est bien décidé à relever le défi "Je veux continuer" (Harry, T3poche, p.259).
A chaque fois que Lupin veut renoncer, Harry se montre courageux et persévérant : "Je veux essayer encore une fois. Je ne me concentre pas sur des souvenirs suffisamment heureux, voilà tout" (Harry, T3poche, p.260).
Ou entendre les voix de ses parents ? : mais la volonté dont il fait preuve n'est-elle pas accentuée par le bonheur, peut-être inavoué, d'entendre les voix de ses parents lorsque les Détraqueurs approchent ? Il souffre beaucoup de la mort prématurée de sa mère et de son père – rappelons-nous l'épisode du Miroir du Riséd dans le tome 1 – et peut-être que le fait de les entendre le réconforte, le rapproche de ceux qui lui ont donné la vie. Harry éprouve un certain plaisir à entendre les voix de ses parents, c'est comme si, tout à coup, ces deux êtres qu'il aime tant, devenaient plus réels, presque accessibles.
Pendant le match : après de nombreux efforts, Harry parvient à faire sortir une forme argentée de sa baguette et le Détraqueur s'immobilise. Cette fois-ci, il ne s'évanouit pas et reçoit les félicitations de son professeur. Et pendant le match de Quidditch contre Serdaigle, Harry fit très peur à son ennemi de toujours Drago Malefoy en faisant apparaître un Patronus, croyant que des Détraqueurs avaient une nouvelle fois envahis le terrain. Ce n'était pourtant que Malefoy, accompagnés de ses fidèles acolytes qui avaient cherché à le déconcentrer.
Le Patronus étant un sortilège très difficile, Harry, une fois de plus, nous prouve qu'il est un sorcier exceptionnel. En une leçon, il est parvenu à faire ce que beaucoup de très bons sorciers ne parviennent à accomplir.hop !
James, présent dans le patronus de Harry
Un Patronus cerf : au début, le Patronus de Harry n'a aucune forme déterminée, mais dans le mémorable épisode du Retourneur de Temps (tome 3), la forme de son Patronus se précise. Il devient un Patronus corporel, comme le dit Mrs Bones dans le tome 5, lors de l'audience disciplinaire de Harry au Ministère de la Magie.
Après la métamorphose de Lupin en loup-garou qui est la cause de la regrettable fuite de Petigrow, Hermione s'étant évanouie peu après Sirius, Harry se retrouve seul à affronter les Détraqueurs. Désespéré et tremblant de peur, il tente de penser à quelque chose d'heureux : il va quitter les Dursley pour aller vivre chez son parrain. S'efforçant de se concentrer sur cette pensée, il prononce l'incantation "Spero Patronum !". Un nuage argenté s'échappe alors de sa baguette magique, mais son Patronus n'est pas assez puissant pour vaincre le Détraqueur qui s'apprête à lui donner son terrible baiser. Mais une chose étrange se produit : "Une lumière aveuglante illuminait l'herbe autour de lui. Les cris s'étaient tus. La sensation de froid disparaissait. Quelque chose repoussait le Détraqueur" (T3poche, p.411).
Nous pouvons alors en déduire qu'un Patronus, bien plus puissant que le sien, est parvenu à écarter les Détraqueurs. Ce Patronus a la forme d'un animal, dont le pelage est "brillant comme celui d'une licorne" (T3poche, p.411). Par ailleurs, Harry croit reconnaître son père en la personne qui, de l'autre côté de la rive, tente de caresser l'animal : "Pendant un instant, il distingua quelqu'un qui levait la main pour le caresser, quelqu'un qui lui sembla étrangement familier" (T3poche, p.411).
Tous ces mystères seront résolus lors de l'épisode avec le Retourneur de Temps. Alors qu'Hermione reste dans la cabane de Hagrid avec Buck, Harry décide de sortir pour voir où en sont les événements. Au fond de son cœur demeure l'espoir de voir... son père "Il ne pensait plus à rien d'autre que son père. Si c'était lui..." (T3poche, p.436). Caché derrière un buisson, il l'interpelle directement "Viens papa ! murmura-t-il, les yeux grands ouverts. Où es-tu, papa ?" (T3poche, p.437). A ce moment précis, Harry oublie tout : il oublie que son père est décédé douze ans auparavant, il oublie que cet homme qui lui manque tant ne peut être celui qui a fait apparaître le Patronus. Il veut y croire. Pourtant, rien ne se passe "Personne ne se montra" (T3poche, p.437). Cet espoir évanoui, il redevient lucide "Ce n'était pas son père qu'il avait vu, c'était lui-même" (T3poche, p.437).
Ce n'est personne d'autre que Harry qui produit ce formidable Patronus qui les sauva tous les trois, Hermione, Sirius et lui-même : "De sa baguette jaillit alors non pas un nuage informe, mais un animal argenté qui étincelait d'une lumière aveuglante" (T3poche, p.437). Le Patronus chasse tous les Détraqueurs et revient vers Harry qui le reconnaît enfin. C'est un cerf, l'animagus de son père. C'est... Cornedrue. Mais quand Harry essaie de le toucher, il disparaît instantanément.
James, ange-gardien de Harry : la fonction du Patronus est de protéger les sorciers des Détraqueurs. Le rôle de James est donc de protéger Harry. Quelque chose de bien plus fort que la mort les unit. James est, en quelques sortes, l'ange gardien de Harry, celui qui veille sur lui et qui le protège des forces maléfiques. Même s'il n'est pas présent physiquement, James est toujours prêt de son fils. Et comme le dit si bien Dumbledore: "Ton père vit en toi, Harry, et il se montre davantage quand tu as besoin de lui" (T3poche, p.454). Il continue à vivre, par l'intermédiaire de son fils.
Ils ont beaucoup de points communs, tous les deux. Tout d'abord, nous ne comptons plus le nombre de fois qu'on nous a dit qu'ils se ressemblaient comme deux gouttes d'eau. Ensuite ils ont tous deux un certain dédain pour les règlements. Ils sont très courageux et fidèles en amitié. Enfin – c'est le point le plus important - ils ont tous les deux combattu activement Voldemort : James faisait partie de l'Ordre du Phénix, alors qu'Harry fonde l'Armée de Dumbledore.
De nombreux personnages de la saga retrouvent James en Harry. Je pense, bien sûr, à ce cher Rogue qui ressent la même arrogance chez Harry que chez son père. Mais, il y a aussi… Sirius ! Sirius aimait profondément James et il reporta cette affection sur Harry "l'être qui comptait le plus au monde pour Sirius, c'était toi" (Dumbledore à Harry, T5, p.933).hop !
Le patronus, magie pour sauver de la mort
Si nous admettons un parallélisme entre le tome 3 et le tome 5, nous remarquons que les Patronus sont présents dans les deux volumes.
Sauver les autres avec son Patronus : dans le tome 3, Harry est un élève concentré et déterminé qui suit les cours particuliers du professeur Lupin. Malgré les difficultés qu'il rencontre, il les surmonte et le sortilège du Patronus lui sauve la vie dans différentes situations : lors de l'aventure avec le Retourneur de Temps, mais aussi, durant l'été de ses quinze ans, lorsque deux Détraqueurs apparaissent dans l'allée de Magnolia Crescent.
De plus, grâce au Patronus, Harry ne fait pas que sauver sa propre vie, mais il épargne celle de son parrain Sirius Black, de sa meilleure amie Hermione Granger et même celle de son cousin Dudley Dursley. Ce qui nous confirme le rôle de sauveur de Harry, tout d'abord sauveur de ses amis et de sa famille, puis, un jour, peut-être, de l'humanité s'il parvient à vaincre Voldemort. Avoir fait usage de la magie en présence d'un moldu a valu à Harry une audience disciplinaire au Ministère de la Magie, d'autant plus que c'est un sorcier de premier cycle. Harry est confronté à l'hostilité du ministre et d'une bonne partie des autres membres de la cour de justice, mais grâce à Dumbledore et à Arabella Figg, les charges ont été abandonnées. Et il ne faut pas oublier qu'Harry agissait en légitime défense !
Enseigner le Patronus : toutes ces expériences permettent à notre jeune héros de grandir, de mûrir et, lors de sa cinquième année d'étude, encouragé par Hermione, il fonde l'Armée de Dumbledore, dite A.D. et enseigne à ses camarades de nombreux sortilèges, dont celui du Patronus. Il passe donc de la position d'élève appliqué à celle d'enseignant attentif : "Ils avaient enfin commencé à travailler sur les Patronus, ce qu'ils avaient tous attendu avec impatience" (T5, p.679).
Certains élèves parviennent à faire apparaître un Patronus corporel : "Oh, ne joue pas les rabat-joie, dit Cho d'un ton ravi en regardant son Patronus en forme de cygne argenté" (T5, p.679). "Le Patronus d'Hermione représentait une loutre argentée qui gambadait autour d'elle" (T5, p.680). Mais d'autres, tel que Neville, rencontrent plus de difficultés.
Le Patronus, magie de haut niveau : par ailleurs, les personnes qui apprennent que Harry, malgré son jeune âge, maîtrise le sort du Patronus, ne peuvent s'empêcher de ressentir une certaine admiration à son égard : tout d'abord de la part de Mrs Bones lors de l'audience au Ministère de la Magie, puis des futurs membres de l'A.D. lors de la réunion à la Tête de Sanglier (Hog's Head) : "Impressionnant, coupa Mrs Bones en le regardant fixement. Un véritable Patronus à cet âge... vraiment très impressionnant" (T5, p.162).
- "Alors, c'est vrai? Tu as fait apparaître un Patronus en forme de cerf ?
- - Oui.
- - Ça alors, Harry! s'exclama Lee, l'air très impressionné. Je ne savais pas du tout !" (T5, p.388)
Nous entendrons certainement parler des Patronus dans les tomes à venir car, comme je l'ai dit ci-dessus, les Patronus sont étroitement liés aux Détraqueurs : ils en sont l'exact opposé. Autant les Détraqueurs symbolisent la dépression et le gouffre psychologique que les Patronus existent uniquement par la joie de vivre.
De plus, nous apprenons dans le tome 5 que ces derniers ont quitté Azkaban, sans doute pour se mettre au service de... Vous-Savez-Qui !!! Il ne serait donc pas inutile, pour les sorciers, de maîtriser le sortilège du Patronus qui pourrait les sauver des terribles baisers que les Détraqueurs ne manqueront sans doute pas de distribuer à toutes les personnes qui pourraient gêner le Seigneur des Ténèbres. Bien sûr, il y a déjà l'impardonnable Avada Kedavra, mais plus Voldemort possède de moyens pour détruire ceux qu'ils méprisent tant, plus son pouvoir deviendra grand.
Le Patronus n'est donc pas un sortilège à mettre de côté par les temps qui courent…hop !



