La Pensine | personnages et groupes : les familles de Harry (biologiques et symboliques)
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Groupes et familles : les familles de Harry

Article de Sev, màj mars 2006.

Orphelin, Harry a malgré tout 3 familles, aussi importantes les unes que les autres. La première est sa famille biologique, la seule qui lui reste après le décès de ses parents, Lily et James. La seconde est celle qui l'adopte presque officiellement, la famille Weasley. La troisième est plus complexe et symbolique, composée essentiellement de membres de l'Ordre du Phénix (Hagrid, Sirius, Lupin, Rogue, McGonagall, Dumbledore)... et de Voldemort !

Les orphelins de la saga

Tom, Ginny et Harry, par NekozumiComme plusieurs personnages du cycle, Harry est orphelin. Et comme Tom Jedusor, Barty Croupton Jr et peut être Neville, sa mère s'est sacrifiée pour lui. Ces mères sacrificielles sont perçues par leur fils comme des mères pures, qui les aimaient d'un amour total au point de mourir pour les sauver ou les mettre au monde.

Pour Jedusor ou Croupton Jr, la recherche d'un bouc émissaire est essentiel, et sa punition un objectif vital. Pour chacun des 2, il s'agit de se venger du père responsable de leurs malheurs et de la mort de leur mère,

Les 2 tueront leur propre père pour se libérer de la "prison familiale". Harry ne réagit pas ainsi. Parce qu'en dehors du fait que son père est déjà mort et que sa prison familiale est symbolisée par les Dursley, il cherche à revoir des parents, et non à les tuer…hop !

Harry et ses parents

Lily : son prénom vient du lis. Le lis en langage des fleurs symbolise la pureté "tu est pure comme le symbole de l'innocence" (*). Lily dans l'esprit de Harry, est associée à "un symbole de pureté, de douceur, de protection", tout comme la licorne innocente dont Voldemort boit le sang pour vivre sa demi vie. D'ailleurs, la forêt symbolise l'inconscient et la clairière où Voldemort s'abreuve de la licorne, l'œil. D'après Harry Potter, les raisons d'un succès (**), cette scène à laquelle assiste Harry "renvoie implicitement à ce que Freud désigne comme "la scène primitive", entendant par là l'épisode où il surprend les rapports sexuels de ses parents". Et Harry est sauvé par Firenze le centaure, symbole de masculinité, de puissance et de protection. Harry vit là son oedipe.

Lily, c'est la mère pure de l'enfant prodigue… et sa mère est… LA mère, belle, douce, discrète, aimante, tendre "La femme était très belle. Elle avait des cheveux auburns et ses yeux… "Ses yeux sont comme les miens"" [….] "elle souriait et pleurait en même temps" (T1poche, p.207). En plus d'être belle et aimante, elle était une sorcière douée, une des meilleurs élèves de Poudlard, populaire et célèbre, et fortement engagée dans l'Ordre du Phénix. Elle a même combattu 3 fois Voldemort. En bref, elle était parfaite ! De plus, son sacrifice protège encore aujourd'hui Harry de Voldemort : son amour qui coule dans les veines de son fils, qualifié d'"ancienne magie". Pure et mystérieuse, elle est idéalisée par Harry… Mais quand elle lui parle, c'est pour qu'il écoute son père et suive ses conseils : "Ton père arrive, dit-elle à voix basse. Il veut te voir… Tout ira bien… tiens bon…" lors du Priori Incatatum dans le cimetière, T4poche, p.697.

James : avec son père, Harry a développé une relation double. James représente pour Harry à la fois un père protecteur, à travers :

et un modèle à suivre : il a été un très bon élève ET un très bon joueur de Quidditch.Quand Harry sait qu'il n'est pas nommé préfet, il cherche juste à savoir si son père (et pas sa mère) l'a été : "Harry se sentit soudain d'humeur plus légère. Son père non plus n'avait pas été préfet." (T5, p.195). Et enfin, Harry lui ressemble comme 2 gouttes d'eau : "c'est le portrait de James" (T5, p.59).

Harry est-il en concurrence avec son père pour séduire inconsciemment sa mère ? Quoi qu'il en soit, l'image qu'il se fait de son père est sérieusement écornée lorsque Harry le voit dans les souvenirs de Rogue : James, adolescent intelligent mais arrogant, charmeur et populaire, martyrisant Rogue pour le plaisir semble-t-il… Et Harry a du mal à voir son père essayer de séduire sa mère dont il est plus ou moins amoureux : "il n'arrêtait pas de se passer la main dans les cheveux pour avoir l'air décoiffé, dit Harry d'une voix douloureuse." […] "Comment se fait-il qu'elle l'ait épousé? demanda Harry d'une petite voix. Elle le haïssait!" (T5, p.752).

Son père est à la fois un modèle pour lui comme un concurrent face à sa mère chérie. Il veut donc lui ressembler : "Ton père vit en toi, Harry, et il se montre davantage quand tu as besoin de lui […] "c'est donc ton père que tu as vu la nuit dernière Harry… Et c'est en toi que tu l'as découvert" (T3poche, p.454), tout en voulant s'en détacher : "Mais voulait-il toujours ressembler à son père?" (T5, p.748).

Harry se cherche et a besoin de se démarquer de l'influence paternelle. Mais pour le moment, il n'arrive pas à se détacher de sa mère, et aucun autre personnage dans le cycle n'arrive à se substituer à elle.hop !

Sa famille biologique : les Dursley

Harry manga, par Aurore Black CatC'est la famille qui l'a éduqué, et forcément celle qu'il déteste et qu'il rejette. Il rejette son conformiste, son mode de vie étriqué et étroit qui la fait se précipiter avec fierté à un "concours national de la plus belle pelouse de banlieue" (T5, p.60), sa fermeture d'esprit anti-magie et sa forte adhésion à la société de consommation symbolisée par Dudley, entre son obésité, sa montagne de jouets, et la réponse à tous ses désirs…

Sa mère adoptive officielle, sa tante Pétunia, la soeur de sa mère, est maigre et a des dents de cheval : elle n'est pas vraiment la représentation de la mère idéale et 'admirable' … Elle est mère au foyer.

Le père adoptif, son oncle Vernon, PDG d'une PME de perceuses (!), rappelle un bulldog sans sentiment ni imagination, bassement terre-à-terre.

Tout les opposent au monde sorcier. Leur fils unique, du même âge que Harry, Dudley ou Dudlynouchet, voit tous ses désirs se réaliser, choyé par des parents gâteux et sans autorité sur lui. Dans cette famille, Harry est rejeté par sa rébellion et son non-conformisme, symbolisé par ses cheveux impossible à coiffer, impossible à dompter. Il rappelle à sa tante sa sœur qu'elle détestait et jalousait. Le fait qu'il soit sorcier met son oncle et sa tante face à leur part naturelle de folie, de non-contrôle, de spontanéité qu'ils n'acceptent pas en eux mêmes.

Mais pour garder sa protection hors de Poudlard et de Dumbledore, Harry est obligé de considérer cette famille comme la sienne et d'y revenir tous les étés, car dans cette maison coule encore le sang de sa mère dans les veines de sa tante Pétunia : "Tant que tu pourras considérer comme ta maison le lieu où réside le sang de ta mère, il sera impossible à Voldemort de t'atteindre ou de te faire du mal en cet endroit-là. Il a versé le sang de ta mère, mais ce sang vit en toi et en sa sœur, il est devenu ton refuge. Tu n'as besoin de retourner là-bas qu'une fois par an mais aussi longtemps que cette maison reste la tienne, Voldemort ne peut rien contre toi lorsque tu t'y trouves." Harry peut être redevable de Pétunia, car "elle sait qu'en t'accueillant sous son toit, elle t'a gardé en vie pendant quinze ans" (Dumbledore à Harry, T5, p.939).hop !

Sa famille d'adoption : les Weasley

Présentation : c'est la famille qui l'adopte officieusement, et qui est tout le contraire des Dursley : la famille nombreuse, ouverte, joyeuse, originale, bordélique (avec une maison à son image !) et où l'on ne s'ennuie jamais, avec une mère trèèès maternelle. C'est une famille pauvre et de "sang pur", la famille Weasley. Riche à l'intérieur, riche d'amour.

La mère, Molly, est gironde, maternelle, reine de sa maisonnée, la représentation caricaturale de la mère. Son prénom vient de mollycoddle, qui signifie dorloter chouchouter en anglais… Elle est mère au foyer.

Le père, Arthur, souvent dépassé par ses enfants, est un rêveur fasciné par les objets moldus qu'il bricole. Il travaille au ministère : il représente la stabilité et l'autorité malgré son côté rêveur prononcé (cf le moment ou il apprend que ses fils ont réussi à faire voler la Ford Anglia bleue).

Les 7 enfants ont tous un caractère affirmé, chacun empruntant un chemin différent dans la vie, habitant en Angleterre ou à l'étranger, banquier ou dresseur de dragon. 6 garçons dont des jumeaux farceurs et une petite dernière protégée par ses frères, Ginny. Le meilleur ami de Harry, Ron, est le dernier garçon, coincé entre les jumeaux qui prennent beaucoup de place et Ginny, la seule fille et la petite dernière au caractère affirmé.

Adoption de Harry : chacun a adopté Harry comme un fils ou comme un frère. Ainsi, "Mrs Weasley s'inquiétait de l'état de ses chaussettes" de Harry (T2 poche, p.48), comme une mère pour son fils. Elle lui tricote chaque année pour Noël un pull avec son initiale sur le ventre, comme à chacun de ses enfants. Elle le considère comme son fils :

Ses propos sont illustrés par l'apparences que prend l'Epouvantard qu'elle doit combattre : toutes les personnes qu'elle a peur de voir mourir, son mari, ses enfants et Harry (T5, p.201)… Et elle se comporte comme une mère pour lui : "Mrs Weasley posa la potion sur la table de chevet, se pencha sur le lit et prit Harry dans ses bras. Il ne se souvenait pas d'avoir jamais connu pareille étreinte. Comme l'étreinte d'une mère. Le poids de tout ce qu'il avait vécu cette nuit-là sembla tomber sur lui tandis que Mrs Weasley le serrait contre elle" (T4poche, p.745). Avant l'audience de Harry au ministère, elle lui repasse ses habits, arrange ses vêtements, essaie de le coiffer… Réagissant comme un fils avec sa mère, Harry "aurait préféré qu'elle le laisse tranquille" (T5, p.142).

Le père, Arthur, est un grand homme un peu dégingandé travaillant au ministère de la Magie au service de Détournement de l'Artisanat Moldu. C'est un service mal considéré vu l'aversion des sorciers pour les moldus. C'est l'adulte / le parent sorcier qui est en contact direct avec les Dursley et qui leur parle sur un pied d'égalité : une première fois alors qu'il va chercher Harry avant la Coupe du Monde de Quidditch, puis lorsque les Dursley viennent chercher Harry à la fin du tome 5 : "Bonjour, dit Mr Weasley d'un ton aimable à l'oncle Vernon en s'arrêtant devant lui. Vous vous souvenez peut être de moi? Je m'appelle Arthur Weasley." "Nous voulions vous parler un peu de Harry" (T5, p.974). Il cherche à protéger Harry, tout en discrétion, mais toujours présent. Il est aussi le seul à vouloir apprendre à Harry la vérité sur Sirius Black !

Enfin, c'est la famille Weasley qui vient officiellement soutenir Harry avant la dernière du Tournoi des Trois Sorciers : "les familles des champions sont invitées à assister à la dernière tâche." […] "il vit Mrs Weasley et Bill, debout devant la cheminé. Le visage rayonnant, ils s'avancèrent vers lui avec un grand sourire" (T4poche, p.644-45).

Les Dursley sont la famille de Harry dans le monde Moldu, et les Weasley sont la famille de Harry dans le monde sorcier.hop !

Sa famille symbolique

C'est la plus complexe, composée de sorciers puissants, engagés et en lutte. Elle est principalement composée de multiples figures paternelles : Hagrid, son parrain Sirius, Lupin, Rogue (ils font tous partie de l'Ordre du Phénix), Dumbledore et Voldemort, et une seule figure maternelle : McGonagall.

Hagrid est le passeur, du monde des sorciers au monde moldu : il recueille Harry après l'attaque de Voldemort et l'amène à Dumbledore, devant la maison des Dursley. Et il est celui qui guide Harry dans le monde des sorciers, le jour de ses 11 ans : il est le premier sorcier que Harry rencontre en âge de se souvenir. C'est le parrain de substitution choisit par Dumbledore alors que celui-ci croyait à la trahison de Sirius.

Hagrid est très attaché à Harry et se projette en lui : ils sont orphelins, et ils sont similaires par leur différence, géant pour Hagrid, "the boy who lived" (le garçon qui a survécu) pour Harry. Hagrid s'inquiète pour Harry lors du Tournoi des Trois Sorciers, il est un des seuls à le croire sur parole lorsqu'il dit qu'il n'a pas triché en mettant son nom dans la coupe, se soucie du moral de harry après le décès de Sirius… Il est une épaule solide, un chêne auprès de qui se ressourcer et qui redonne confiance. Il est une des joies qui font que Harry aime retourner à Poudlard : "revoir Hagrid était l'une des choses qu'il avait attendues avec le plus d'impatience" (T5, p.228). C'est un soutien indéfectible mais pas une figure paternelle comme les autres. Hagrid symbolise l'enfant qu'il y a en chaque adulte, cette innocence et cet amour entier qu'on peut donner à quelqu'un.

Sirius, le vrai parrain : Harry est très admiratif de Sirius Black, son 'vrai' parrain, avec qui il partage cette douleur de la perte de James et Lily, l'enfermement (chez les Dursley pour l'un, à Azkaban puis Square Grimmaurd pour l'autre), le fait d'être orphelin (mort des parents pour l'un, rejet de sa famille de mages noirs pour l'autre) et une bataille perpétuelle pour rétablir la vérité et être compris. Ils sont en quelques sortes tous les deux des parias de la société et des incompris.

L'un se sent responsable de l'autre et inversement, ils s'admirent mutuellement et veulent d'aider à tout prix. Au prix de la vie de Sirius. Sirius est la figure paternelle choisie par James et Lily pour les remplacer, Sirius, ami (et chien) fidèle de James.

Lupin le protecteur discret , ami de James et Sirius, protège Harry en toute discrétion, en le laissant vivre ses expériences pour se forger. Il l'invite à prendre le thé alors que Harry ne peut pas aller à Pré-au-Lard sans autorisation parentale, et lui apprend à contrer les Détraqueurs avec un Patronus. Sans oser être expansif, il aime Harry "Molly, tu n'es pas la seule personne autour de cette table qui se soucie de Harry, lança sèchement Lupin" (T5, p.107).

Il prend le relais de Sirius auprès de Harry. C'est lui qui empêche Harry d'aller chercher Sirius derrière le voile et c'est lui le premier qui dit à Harry qu'il est mort : "Tu ne peux rien faire, Harry… Rien… C'est fini pour lui." (T5, p.905). Il fait partie des proches de Harry (ce qui reste de toutes ses familles sorcières) qui l'accompagnent à la gare de King's Cross de 1er jour des vacances pour menacer les Dursley en cas de mauvais traitement envers Harry.

Rogue méfiant, par Laurence PeguyRogue, celui qui fixe les limites : tout comme les 3 substituts paternels de Harry précédents, Rogue fait lui aussi partie de l'Ordre du Phénix. Cela lui donne une première raison de protéger Harry : le protéger pour lutter contre Voldemort. La seconde est que James lui a sauvé la vie et il s'en sent redevable. Et même après avoir sauvé la vie de Harry dans le tome 1 lors du match de Quidditch, Rogue continue à le protéger, certainement sur la demande de Dumbledore.

Mais il doit y avoir plus. En effet, Rogue reproduit avec Harry ce qu'il a connu avec ses parents : la maltraitance. Ainsi, Rogue est pour Harry cette sorte de père qu'il ne voudrait pas avoir, animal et sale, injuste et révoltant, dur et rigide : celui qui fixe les limites et contre qui il est facile de se révolter. Emu par les humiliations qu'a connu Rogue dans sa jeunesse à Poudlard, Harry en fait cependant son bouc emissaire, l'accusant de lui avoir ouvert les yeux sur son père, et surtout, surtout, d'avoir amené Sirius à la mort par ses provocations constantes. Rogue est la figure paternelle dure, rigoureuse, qui pose les limites pour permettre à l'enfant de les toucher et grandir.

McGonagall, l'inquiète : on peut voir en elle une mère sévère et rigoureuse, compensant le côté ultra-protecteur de Molly. C'est quand même la seule sorcière à ne pas faire la fête le lendemain de la disparition de Voldemort, s'inquiétant du futur du bébé Harry. Elle est même prête à attendre toute la journée sur une murette de Private Drive la venue de Dumbledore pour savoir ce qu'il en sera !

McGonagall, sans arriver à laisser s'exprimer son côté maternel, s'inquiète constamment pour Harry derrière une façade rigide, dès qu'il est à l'infirmerie ou que sa cicatrice lui fait mal. Elle cherche non seulement à le protéger mais aussi à l'aider à aller de l'avant, particulièrement dans les études. Elle s'engage même à tout faire pour qu'il devienne Auror : "Potter, dit-elle d'une voix claironnante, je vous aiderai à devenir Auror même si c'est la dernière chose que je dois faire dans ma vie !" (T5, p.746). Mc Gonagall est une figure maternelle à mi chemin entre la rigidité de Rogue et du guide intellectuel représenté par Dumbledore.

Dumbledore, le maître de vie, le sage, l'illustre, le guerrier du bien, surveille, guide et oriente Harry, tel Merlin avec Arthur : c'est un guide spirituel, un maître. Il était proche de ses parents et décide de son avenir à la suite de l'attaque de Voldemort contre James et Lily. Pour protéger Harry des affres de la célébrité qu'il aurait connu dans le monde sorcier, il signe un pacte avec Pétunia pour que sa maison demeure une protection pour Harry contre Voldemort.

Il surveille et veille Harry constamment, certainement à l'aide de ses instruments argentés qui tournent et fument dans son bureau. Il planifie l'éducation de Harry, depuis le meurtre de ses parents jusqu'au jour où il devra affronter Voldemort, mais il rencontre une difficulté qu'il n'avait pas imaginée, venant gripper son plan : l'amour qu'il a pour Harry, un amour paternel qui s'est développé au fur et à mesure : "je me souciais davantage de ton bonheur que de t'apprendre la vérité, davantage de ta tranquillité d'esprit que de mon plan, davantage de ta vie que des autres vies qui seraient peut être perdues si ce plan échouait. En d'autres termes, j'ai agi exactement comme Voldemort s'attend à ce que nous agissions, nous, les imbéciles qui éprouvons des sentiments d'amour" (T5, p.941).

Et Dumbledore, que Harry considérait comme un roc indestructible de force et de sagesse, infaillible, faillit devant lui, il pleure : "Harry leva les yeux et vit une larme couler sur le visage de Dumbledore puis disparaître dans sa longue barbe argentée" (T5, p.948). La disparition de cette infaillibilité enrage Harry : sur qui compter maintenant, son monde s'écroule. Plus rien n'est stable et permanent, il entre dans l'insécurité, il va devoir apprendre à compter sur lui-même. Et Voldemort…

Voldemort, son côté obscur : il est présent dans Harry grâce à la cicatrice et les pouvoirs qu'il lui a légués. Il a partagé, donné une partie de ses pouvoirs acquis par le travail, à Harry. Il est la petite voix égoïste de Harry, il lui donne son côté vengeur, son côté obscur, une part d'arrogance, de colère, de vengeance. Voldemort considère Harry comme son égal. Ils se ressemblent, physiquement et sur leurs origines. Son père moldu a abandonné sa mère qui s'est morte pour lui donner la vie. Il a été élevé dans un orphelinat de moldus dans lequel il devait retourner tous les étés. Il a des dons, légués par son ancêtre, le terrible Salazar Serpentard.

Comme Harry est guidé par Dumbledore, Voldemort est guidé par Serpentard. Il veut non seulement venger sa mère et obtenir tous les pouvoirs, dont celui d'être immortel et dominer le monde, mais aussi accomplir la mission avortée de Serpentard : débarrasser le monde des moldus. En tout cela, il est une sorte de figure paternelle terrible, cauchemardesque mais réelle, prête à fondre sur sa proie dès que l'occasion se présente. Il est le passé, le présent et le futur de Harry.hop !

La disparition des pères

Orphelin, Harry n'est jamais seul, entouré de ses trois familles. Et malgré leur absence, Harry se sent profondément guidé par ses parents, et cherche constamment à retrouver leur voix, leur présence, leur contact. Jusqu'où sera-t-il capable d'aller pour cela ? Il faut noter que si la figure paternelle trouve de multiples substituts aux yeux de Harry, la figure maternelle ne peut être ni complétée, ni égalée dans son cœur. Ni Pétunia, ni Molly, ni Mac Gonagall n'arrivent à la cheville de Lily. Aucune ne peut donner à Harry l'amour maternel dont il a besoin : Harry a réussi à faire le deuil de son père mais pas celui de sa mère. Il l'aura fait le jour où il laissera ouvrir son cœur à l'amour.

Mais les difficultés s'accumulent, et Harry doit aujourd'hui faire face au deuil - consciemment vécu - de son second père, Sirius, et le deuil de l'image infaillible qu'il a d'un autre père, Dumbledore. C'est certain, Harry ira flirter avec le monde des morts pour toucher les limites de sa vie, toucher ses parents et Sirius du bout des doigts avant de pouvoir choisir complètement la vie et sa liberté individuelle, détaché des influences parentales.

Il pourra enfin se construire par lui-même et pour lui-même.

Sources : (*) Encyclopédie des Symboles, Le Livre de Poche, (**) Harry Potter, les raisons d'un succès, de Isabelle Smadja, pufhop !

Toutes nos sources sont dans la librairie de La Pensine

"Dumbledore se leva et commença à faire les cent pas derrière son bureau.
Par moments, il effleurait sa tempe du bout de sa baguette magique, ôtait de sa tête une autre pensée argentée et la déposait dans la Pensine."